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Dividendes d'actions : flat tax ou barème progressif, comment choisir

Fiscalité

Une lectrice qui investit en bourse depuis une dizaine d'années me demandait récemment si elle « perdait de l'argent » en ne cochant jamais la fameuse case 2OP sur sa déclaration. En réalité, pour son profil (tranche marginale à 41 %) elle avait parfaitement raison de ne pas y toucher. Mais pour un autre lecteur dans la tranche à 11 %, la réponse aurait été inverse. C'est tout l'enjeu de ce choix : il n'existe pas de bonne réponse universelle, seulement un calcul à faire selon votre situation.

Vérifié le 25 août 2026.

Le régime par défaut : la flat tax à 31,4 %

Depuis 2018, les dividendes que vous percevez sont soumis automatiquement au prélèvement forfaitaire unique (PFU), sans que vous ayez à faire de démarche particulière. Ce taux, qui était de 30 % jusqu'en 2025, est passé à 31,4 % au 1er janvier 2026 : la part de prélèvements sociaux a augmenté de 17,2 % à 18,6 %, suite à la hausse de la CSG sur les revenus du capital votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (source service-public.gouv.fr). Le PFU se décompose ainsi :

  • 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu ;
  • 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité).

Ce taux s'applique sur le montant brut des dividendes perçus, sans aucun abattement, c'est là que se joue toute la différence avec l'autre option.

L'acompte que vous payez avant même de déclarer

Dès le versement du dividende, l'établissement payeur (courtier, banque) prélève un acompte non libératoire de 12,8 %, la part impôt sur le revenu du PFU, prélevée à la source. Cet acompte n'est qu'une avance : au moment de votre déclaration annuelle, l'administration recalcule l'impôt réellement dû selon le mode d'imposition retenu, et régularise la différence, en votre faveur ou en votre défaveur. Si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas 50 000 € (personne seule) ou 75 000 € (couple soumis à imposition commune), vous pouvez demander une dispense de cet acompte avant le 30 novembre de l'année précédente, cela évite une avance de trésorerie, mais ne change rien au montant final dû.

L'option barème progressif : un abattement de 40 %, à condition de cocher la bonne case

Vous pouvez renoncer au PFU au profit du barème progressif de l'impôt sur le revenu, en cochant la case 2OP de votre déclaration annuelle. Cette option ouvre droit à un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes, avant intégration au reste de vos revenus imposables. Les 60 % restants sont alors taxés selon votre tranche marginale d'imposition (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %), et une part de la CSG déjà payée (6,8 points sur les 18,6 %) devient déductible l'année suivante, un avantage secondaire souvent oublié.

[Photo à insérer ici]

Le calcul complet, avec un exemple chiffré

Prenons un contribuable qui perçoit 10 000 € de dividendes bruts dans l'année.

Mode d'impositionBase taxable IRCalculImpôt total dû
PFU (flat tax), tranche marginale 41 %10 000 €10 000 × 31,4 %3 140 €
Barème, tranche marginale 41 %6 000 € (après abattement 40 %)6 000 × 41 % + 1 860 € PS (18,6 % sur 10 000 €)4 320 €
PFU (flat tax), tranche marginale 11 %10 000 €10 000 × 31,4 %3 140 €
Barème, tranche marginale 11 %6 000 € (après abattement 40 %)6 000 × 11 % + 1 860 € PS2 520 €

Le verdict tombe net : pour la lectrice en tranche à 41 %, la flat tax lui fait économiser 1 180 € sur ces 10 000 € de dividendes. Pour un contribuable en tranche à 11 %, c'est l'inverse : le barème progressif lui fait économiser 620 €. La bascule se situe autour de la tranche à 30 %, où les deux modes de calcul donnent un résultat très proche selon les situations individuelles (montant de CSG déductible, autres revenus du foyer).

Un piège fréquent : l'option s'applique à tout, pas seulement aux dividendes

Cocher la case 2OP ne vous permet pas de choisir ligne par ligne : l'option, une fois exercée, s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année, dividendes, intérêts d'obligations ou de comptes à terme, plus-values mobilières comprises. Un contribuable qui a par ailleurs réalisé une grosse plus-value sur la revente d'actions doit donc intégrer ce montant dans son calcul avant de cocher la case, sous peine de faire un choix optimal pour ses dividendes mais désastreux pour sa plus-value, ou l'inverse.

Pourquoi ce choix compte particulièrement quand on a d'autres revenus

Un investisseur qui perçoit déjà des revenus fonciers de biens locatifs a souvent une tranche marginale d'imposition plus élevée que la moyenne, du simple fait du cumul de ses revenus. Dans ce cas de figure, la flat tax reste presque toujours la solution la plus simple et la plus avantageuse. À l'inverse, un jeune actif qui débute en bourse avec des revenus encore modestes, ou un retraité avec une pension limitée, a souvent intérêt à vérifier l'option barème avant de la négliger par réflexe.

Comment trancher concrètement avant votre déclaration

  1. Récupérez le montant total de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année (dividendes, intérêts, plus-values), pas seulement une ligne isolée.
  2. Identifiez votre tranche marginale d'imposition réelle, en tenant compte de l'ensemble de vos revenus du foyer (salaires, revenus fonciers, pensions).
  3. Simulez les deux calculs (flat tax à 31,4 % sur le brut, versus barème avec abattement de 40 % plus prélèvements sociaux sur le brut) avant de cocher ou non la case 2OP.
  4. En cas de doute ou de tranche proche de 30 %, faites le calcul précisément plutôt que de trancher au feeling : l'écart peut se jouer à quelques dizaines d'euros près selon votre situation exacte.
  5. Gardez en tête que l'option, une fois cochée, engage tous vos revenus mobiliers de l'année, jamais une seule ligne de dividendes.

Sources officielles

Questions fréquentes

Quel est le taux d'imposition par défaut sur les dividendes en 2026 ?

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, s'applique par défaut au taux de 31,4 % : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce taux de prélèvements sociaux est passé de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026, suite à la hausse de la CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Qu'apporte l'option pour le barème progressif ?

Elle permet de bénéficier d'un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes avant de les intégrer au revenu imposable, taxé ensuite selon votre tranche marginale d'imposition (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %). Cette option n'a d'intérêt que si votre tranche marginale, appliquée sur les 60 % restants après abattement, revient moins cher que les 31,4 % de la flat tax.

L'option barème progressif est-elle irrévocable ?

Oui, une fois cochée (case 2OP de la déclaration annuelle), elle s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année (dividendes, intérêts, plus-values mobilières compris) pas seulement aux dividendes d'une seule ligne du portefeuille. Impossible de choisir le barème pour une action et le PFU pour une autre la même année.

Pourquoi mes dividendes subissent-ils déjà un prélèvement avant même ma déclaration ?

L'établissement qui verse les dividendes (courtier, banque) prélève un acompte non libératoire de 12,8 % dès le versement, quel que soit le mode d'imposition finalement choisi. Cet acompte s'impute ensuite sur l'impôt réellement dû au moment de la déclaration : un trop-perçu vous est remboursé, un manque à percevoir vous est réclamé.

Peut-on être dispensé de cet acompte à la source ?

Oui, sur demande auprès de l'établissement payeur avant le 30 novembre de l'année précédente, si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas 50 000 € pour une personne seule ou 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune. Cette dispense évite l'avance de trésorerie, mais ne change rien au montant final dû.