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ETF vs fonds actifs : les frais qui changent tout sur 20 ans

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Un lecteur qui investit depuis vingt ans sur un fonds actions géré activement, recommandé par son conseiller bancaire à l'ouverture de son contrat, m'a un jour montré son relevé annuel de frais : 1,8 % par an, prélevés que le fonds monte ou descende. Il n'avait jamais vraiment fait le calcul sur la durée. Une fois qu'on le fait, l'écart avec un simple ETF devient difficile à ignorer.

Vérifié le 25 août 2026.

ETF : un fonds qui ne cherche pas à faire mieux que le marché

L'AMF définit un ETF (Exchange Traded Fund, aussi appelé tracker ou fonds indiciel) comme un fonds coté en continu qui cherche à répliquer le plus fidèlement possible l'évolution d'un indice de référence, à la hausse comme à la baisse (confirmé sur amf-france.org). Deux méthodes de réplication existent :

  • Réplication physique : le fonds achète réellement les titres qui composent l'indice ;
  • Réplication synthétique : le fonds utilise des produits dérivés pour reproduire la performance de l'indice, sans détenir directement les titres sous-jacents.

Contrairement à un fonds traditionnel valorisé une seule fois par jour, un ETF se négocie en continu pendant les heures d'ouverture des marchés, exactement comme une action classique.

Un fonds géré activement : une équipe qui tente de faire mieux que l'indice

Un fonds à gestion active repose sur une équipe de gérants et d'analystes chargés de sélectionner les titres jugés les plus prometteurs, dans l'espoir de surperformer un indice de référence. Cette gestion active a un coût : elle rémunère le travail d'analyse et de sélection, ce qui se traduit par des frais de gestion nettement supérieurs à ceux d'un ETF.

L'écart de frais, chiffré

Selon l'Observatoire de l'épargne de l'AMF, les ETF répliquant des indices actions affichaient des frais annuels moyens de 0,33 % en 2025 (contre 0,36 % en 2024, en légère baisse). Un fonds géré activement, lui, facture typiquement entre 1 % et 1,5 %, parfois davantage selon la stratégie et le réseau de distribution.

[Photo à insérer ici]

L'impact réel sur 20 ans : un calcul qui fait réfléchir

Prenons un versement initial de 10 000 €, avec une performance brute identique de 6 % par an pendant 20 ans, avant frais, pour les deux options :

  • ETF à 0,33 % de frais annuels : performance nette d'environ 5,67 % par an, soit un capital final proche de 29 700 € ;
  • Fonds actif à 1,5 % de frais annuels : performance nette d'environ 4,5 % par an, soit un capital final proche de 24 100 €.

Sur cet exemple à performance brute strictement identique, l'écart de frais représente à lui seul près de 5 600 € de capital final en moins pour le fonds actif, soit plus de la moitié du versement initial, entièrement absorbée par la différence de frais cumulés et de leur effet composé sur deux décennies. Et ce calcul suppose une performance brute identique entre les deux options, ce qui est loin d'être garanti dans un sens ou dans l'autre.

La gestion active bat-elle vraiment son indice, pour justifier ce surcoût ?

C'est la question qui devrait précéder tout choix entre les deux approches. De nombreuses études menées sur longue période, notamment sur les grandes capitalisations américaines et européennes (des marchés très suivis et liquides) montrent qu'une majorité de fonds actifs actions ne parviennent pas à surperformer durablement leur indice de référence, une fois leurs frais déduits. Ce constat est moins tranché sur des marchés plus spécifiques ou moins liquides (petites capitalisations, marchés émergents), où une gestion active bien menée peut parfois faire une réelle différence, mais cela reste l'exception plutôt que la règle sur les grands indices classiques.

Les risques propres aux ETF, à ne pas sous-estimer

Un ETF n'est pas pour autant un produit sans risque particulier. L'AMF met en avant deux points de vigilance :

  • L'écart de suivi (tracking error) : l'évolution de l'ETF peut s'écarter de celle de son indice de référence, notamment sur des indices complexes, comportant un grand nombre de valeurs, ou des expositions plus « exotiques » ;
  • Le risque de liquidité en période de tension : dans des marchés stressés, les parts d'ETF peuvent se négocier avec une décote significative par rapport à leur valeur liquidative réelle, et des effets de corrélation peuvent amplifier la volatilité sur les marchés sous-jacents. L'AMF souligne d'ailleurs qu'une vigilance soutenue reste nécessaire en période de stress de marché.

Un ETF à réplication synthétique ajoute par ailleurs un risque de contrepartie, lié à l'utilisation de produits dérivés pour répliquer la performance de l'indice, un point à vérifier dans la documentation du fonds avant d'investir, la réplication physique étant généralement considérée comme plus simple à appréhender pour un particulier.

Dans tous les cas, qu'il s'agisse d'un ETF ou d'un fonds actif, le capital investi n'est jamais garanti : les frais plus faibles d'un ETF ne protègent en rien contre une baisse de l'indice sous-jacent.

Comment arbitrer entre les deux approches

  1. Comparez systématiquement les frais annuels (indicateur souvent appelé frais courants ou TER) avant de choisir un support, quel que soit le discours commercial qui l'accompagne.
  2. Vérifiez la méthode de réplication d'un ETF (physique ou synthétique) et son écart de suivi historique par rapport à son indice.
  3. Sur les grands indices très suivis (actions européennes ou américaines de grande capitalisation), un ETF à bas coût constitue souvent le point de départ le plus rationnel, faute de preuve solide qu'une gestion active y ferait mieux après frais sur la durée.
  4. Sur des marchés plus spécifiques ou moins efficients, une gestion active reste une option à considérer, à condition d'évaluer sérieusement l'historique de performance du gérant, net de frais, sur un cycle complet.
  5. Ne confondez jamais frais faibles et absence de risque : un ETF reste exposé aux mêmes baisses de marché que l'indice qu'il réplique.

Sources officielles

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un ETF, concrètement ?

Un fonds coté en continu en bourse, comme une action, qui cherche à répliquer le plus fidèlement possible l'évolution d'un indice de référence (le CAC 40, le S&P 500, ou un indice plus spécifique), à la hausse comme à la baisse, sans chercher à faire mieux que cet indice, contrairement à un fonds géré activement.

Pourquoi les frais des ETF sont-ils si inférieurs à ceux des fonds actifs ?

Parce qu'un ETF ne nécessite pas d'équipe de gestion qui sélectionne activement les titres à acheter ou vendre : il se contente de répliquer un indice existant, ce qui réduit fortement les coûts de gestion. Un fonds actif, lui, rémunère une équipe de gérants et d'analystes censée sélectionner les meilleures valeurs, ce qui justifie des frais plus élevés, sans garantir pour autant une performance supérieure.

Un fonds géré activement bat-il systématiquement son indice de référence pour justifier ses frais plus élevés ?

Non, c'est loin d'être systématique : de nombreuses études sur longue période montrent qu'une majorité de fonds actifs actions ne parviennent pas à surperformer durablement leur indice de référence après prise en compte de leurs frais, notamment sur les marchés les plus liquides et suivis comme les grandes capitalisations américaines ou européennes.

Quels sont les risques spécifiques d'un ETF que ne connaît pas un fonds actif classique ?

L'AMF signale un risque d'écart de suivi (tracking error) entre l'ETF et son indice de référence, plus marqué sur des indices complexes ou peu liquides, ainsi qu'un risque de liquidité accru en période de tension de marché, où les parts d'ETF peuvent se traiter avec une décote par rapport à leur valeur liquidative réelle. Un ETF à réplication synthétique ajoute en plus un risque de contrepartie lié à l'utilisation de produits dérivés.

Le capital investi dans un ETF est-il garanti ?

Non, absolument pas. Un ETF reste un placement en actions ou en obligations selon l'indice répliqué, avec les mêmes risques de perte en capital qu'un investissement direct sur ces marchés. La faiblesse des frais ne protège en rien contre une baisse de l'indice sous-jacent.