
Un lecteur qui vient d'ouvrir son premier PER me demandait pourquoi son épargne avait été automatiquement placée sur un profil « équilibré horizon retraite » sans qu'il ait rien choisi de particulier. Il n'avait pas coché de case pour ça, et c'est justement le principe : sur un PER, la gestion pilotée est le réglage par défaut, sauf demande contraire explicite de sa part.
Vérifié le 25 août 2026.
Deux logiques opposées de gestion
En gestion libre, vous conservez le contrôle total des décisions d'investissement : choix des supports, répartition entre fonds euros et unités de compte, arbitrages au moment où vous le jugez utile. En gestion pilotée (aussi appelée gestion sous mandat), vous confiez ces décisions à un gestionnaire professionnel, qui ajuste le portefeuille selon un profil de risque déterminé au départ (prudent, équilibré, dynamique). Les sociétés de gestion qui proposent ce service sont obligatoirement agréées par l'Autorité des marchés financiers.
Le coût réel de la délégation
La gestion pilotée n'est jamais gratuite : elle ajoute des frais spécifiques, généralement compris entre 0,20 % et 0,70 % par an, en plus des frais de gestion habituels du contrat et des frais internes propres à chaque support (fonds, unités de compte). Sur un capital de 50 000 €, une gestion pilotée facturée 0,5 % par an représente environ 250 € de frais annuels supplémentaires par rapport à une gestion libre équivalente, un montant qui, cumulé sur 15 ou 20 ans, finit par peser sur la performance nette finale.
En gestion libre, les frais qui subsistent sont surtout les frais d'arbitrage, variables selon les contrats, observés entre 0 % et 1 % par opération selon l'assureur ou le gestionnaire du contrat.
Le cas particulier du PER : la gestion pilotée par défaut
Sur le PER (plan d'épargne retraite) issu de la loi Pacte du 22 mai 2019, le fonctionnement est inversé par rapport à l'assurance-vie classique : la gestion pilotée à horizon retraite est le mode de gestion appliqué par défaut, sauf demande expresse contraire du titulaire au moment de l'ouverture ou en cours de vie du plan (source service-public.gouv.fr). Trois profils sont proposés (prudent, équilibré ou dynamique horizon retraite) le profil équilibré étant lui-même la valeur par défaut si vous ne précisez rien.
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Pourquoi la loi a choisi ce réglage par défaut
L'objectif de ce mécanisme est de sécuriser progressivement l'épargne à mesure que la date de départ à la retraite approche, sans que le titulaire ait besoin d'intervenir lui-même. Concrètement, la part investie en actifs plus dynamiques (actions) diminue au fil des années, remplacée progressivement par des supports plus prudents, pour limiter le risque de subir une baisse de marché juste avant de pouvoir récupérer son épargne. Depuis la loi Industrie verte du 24 octobre 2023, un minimum d'actifs sécurisés est même imposé selon le profil retenu, pouvant atteindre environ 50 % en profil prudent à l'approche de l'échéance.
Comment choisir entre les deux approches
| Profil | Gestion recommandée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Débutant, peu de temps à consacrer au suivi | Gestion pilotée | Délègue l'allocation et le rééquilibrage à un professionnel |
| Investisseur autonome, suit les marchés régulièrement | Gestion libre | Contrôle total, frais réduits, choix des supports selon ses propres convictions |
| Épargnant sur un PER, sans avis tranché | Gestion pilotée (par défaut) | Sécurisation automatique à l'approche de la retraite, sans intervention nécessaire |
| Épargnant sur un PER, expérimenté et impliqué | Gestion libre (sur demande expresse) | Garde la main sur l'allocation, y compris à l'approche de la retraite |
Une troisième voie : combiner les deux
Certains contrats permettent de répartir le capital entre une poche en gestion pilotée et une poche en gestion libre au sein d'un même contrat. Cette approche hybride permet de déléguer l'essentiel de l'allocation stratégique tout en gardant une marge de manœuvre personnelle sur une partie du capital, pour des paris plus spécifiques sur des supports que vous suivez de près. Vérifiez auprès de votre assureur ou gestionnaire si cette combinaison est proposée avant de trancher pour l'une ou l'autre approche de façon exclusive.
Pourquoi ce choix concerne particulièrement un investisseur déjà exposé à l'immobilier
Un bailleur qui consacre déjà beaucoup de temps à la gestion de son parc locatif a souvent intérêt à privilégier la gestion pilotée pour son épargne financière, précisément pour éviter de cumuler deux activités de gestion actives en parallèle. À l'inverse, un investisseur qui maîtrise déjà les marchés financiers et dispose du temps nécessaire peut légitimement préférer la gestion libre, pour éviter les frais supplémentaires de la délégation sur une compétence qu'il possède déjà.
Ce qu'il faut vérifier avant de choisir
- Comparez précisément les frais de gestion pilotée proposés par votre contrat aux frais d'arbitrage d'une gestion libre équivalente, sur la durée totale envisagée.
- Sur un PER, vérifiez le profil de gestion pilotée qui vous a été attribué par défaut (souvent « équilibré ») et changez-le explicitement si un profil plus prudent ou plus dynamique correspond mieux à votre situation.
- Si vous choisissez la gestion libre sur un PER, anticipez vous-même la sécurisation progressive de votre épargne à l'approche de la retraite, un réglage automatique que vous perdez en optant pour cette autonomie.
- Renseignez-vous sur la possibilité de combiner gestion pilotée et gestion libre au sein d'un même contrat, une option de plus en plus répandue.
Sources officielles
- Plan d'épargne retraite (PER) - PER d'entreprise collectif (Service-public.fr) consulté le 25 août 2026
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre gestion pilotée et gestion libre ?
En gestion libre, vous choisissez vous-même chaque support d'investissement et décidez de tous les arbitrages, sans intermédiaire. En gestion pilotée (ou gestion sous mandat), vous confiez ces décisions à un gestionnaire professionnel, qui ajuste le portefeuille selon un profil de risque déterminé à l'avance, moyennant des frais supplémentaires par rapport à la gestion libre.
Pourquoi la gestion pilotée coûte-t-elle plus cher ?
Parce qu'elle ajoute des frais de gestion spécifiques, généralement compris entre 0,20 % et 0,70 % par an, en plus des frais de gestion du contrat lui-même et des frais internes des supports sous-jacents. Ces frais rémunèrent le travail d'allocation et de rééquilibrage effectué par le gestionnaire, que vous devriez sinon faire vous-même en gestion libre.
Pourquoi la gestion pilotée est-elle la valeur par défaut sur un PER ?
Parce que le PER, issu de la loi Pacte du 22 mai 2019, a été conçu pour sécuriser automatiquement l'épargne retraite des Français qui ne s'impliquent pas activement dans la gestion de leur contrat. Sauf demande expresse contraire du titulaire, le gestionnaire applique une gestion pilotée à horizon retraite, qui réduit progressivement le risque à mesure que la date de départ à la retraite approche.
Peut-on refuser la gestion pilotée sur un PER et garder la main soi-même ?
Oui, il suffit de le demander expressément à l'ouverture du contrat ou en cours de vie du plan, pour basculer vers une gestion libre où vous choisissez vous-même vos supports et votre allocation. Ce choix demande cependant un suivi actif de votre part, notamment pour réduire vous-même le risque à l'approche de la retraite si vous le jugez nécessaire.
Faut-il forcément choisir l'un ou l'autre, sans jamais les combiner ?
Non, plusieurs contrats permettent de combiner les deux approches : une partie du capital en gestion pilotée pour l'essentiel de l'allocation stratégique, une autre en gestion libre pour des paris plus personnels sur des supports spécifiques que vous suivez de près. C'est une option à vérifier auprès de votre assureur ou gestionnaire avant de trancher pour l'une ou l'autre approche de façon exclusive.