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Investir dans l'immobilier locatif en 2017 : l'année Macron, et la fin (provisoire) de l'encadrement des loyers

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Il y a des années où l'on sent, sur le moment déjà, qu'quelque chose bascule. 2017 est de celles-là : une élection présidentielle disputée jusqu'au bout entre deux visions opposées de la France, un nouveau visage à l'Élysée à seulement 39 ans, et une économie qui, enfin, semble reprendre son souffle après près d'une décennie de croissance molle. Pour l'immobilier locatif, l'année réserve aussi une surprise judiciaire à Paris, qui vient rappeler qu'une bonne intention législative ne suffit pas toujours à faire un dispositif juridiquement solide.

Vérifié le 23 août 2026.

Une élection, un nouveau chapitre politique

Le printemps 2017 est dominé par la campagne présidentielle : Emmanuel Macron, candidat d'un mouvement créé un an plus tôt, l'emporte face à Marine Le Pen le 7 mai, avant que les élections législatives de juin ne donnent une large majorité à son parti nouvellement formé. Édouard Philippe s'installe à Matignon. Le programme économique du nouveau président promet des réformes structurelles (droit du travail, fiscalité du capital, marché de l'emploi) dont l'essentiel ne prendra corps qu'au 1er janvier 2018, avec la loi de finances votée en toute fin d'année.

Sur le plan économique, 2017 marque un vrai tournant après des années de croissance atone : le PIB progresse de 2,2 % en volume selon l'Insee, la meilleure performance depuis 2011. L'inflation reste modérée, autour de 1 %, et le chômage amorce une décrue plus nette que les années précédentes. Ce qui semblait, en 2015 et 2016, une sortie de crise interminable prend enfin une tournure plus franche.

Les taux continuent de baisser, presque sans faire de bruit

Sur le terrain du crédit immobilier, 2017 poursuit la tendance amorcée deux ans plus tôt : les taux moyens se stabilisent autour de 1,5 à 1,65 % en moyenne annuelle selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Ce niveau, qui aurait semblé irréel en 2012 ou 2013, devient presque la nouvelle normalité pour les emprunteurs, sans que personne, à l'époque, ne devine qu'il reste encore près de quatre ans de baisse avant d'atteindre le point bas absolu du cycle, fin 2021.

Paris sans encadrement des loyers, un coup de théâtre judiciaire

C'est l'épisode le plus notable de l'année pour les bailleurs, et il vient de la justice plutôt que du Parlement. Par une décision du 28 novembre 2017, le tribunal administratif de Paris annule les arrêtés préfectoraux mettant en œuvre l'encadrement des loyers dans la capitale, expérimenté depuis l'été 2015. Le motif est purement juridique : la loi ALUR prévoyait que ce dispositif s'applique à l'ensemble de la « zone d'urbanisation continue » de l'agglomération parisienne, soit 412 communes d'Île-de-France, et non à la seule ville de Paris. En limitant l'encadrement au territoire parisien, l'exécutif s'était exposé, sans le savoir vraiment à l'époque, à une fragilité juridique qui finit par lui être fatale.

Pour les bailleurs parisiens, la conséquence est immédiate : les loyers redeviennent librement fixés dans la capitale, hors des mécanismes de zone tendue de droit commun. Ce retour en arrière ne durera cependant pas : il faudra attendre la loi ELAN de 2018, puis son entrée en application effective à partir de juillet 2019, pour voir le dispositif revenir sur des bases légales plus solides.

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Ce que ça changeait, concrètement, pour un bailleur

2017 est, pour beaucoup de propriétaires bailleurs, une année de respiration réglementaire plutôt que de bouleversement : le marché du crédit reste extrêmement favorable, la fiscalité n'a pas encore bougé (la grande bascule ISF/IFI et flat tax attend le 1er janvier suivant), et à Paris, la fin temporaire de l'encadrement des loyers redonne une marge de manœuvre que certains bailleurs avaient trouvée trop contraignante depuis 2015. C'est aussi une année où la confiance économique générale, portée par le contexte politique, commence à se répercuter sur les intentions d'achat et d'investissement.

Ce qu'on retient de 2017

Rétrospectivement, 2017 marque une charnière à double titre : politique, avec l'arrivée d'un nouveau gouvernement porteur de réformes qui vont profondément redessiner la fiscalité du patrimoine dès l'année suivante ; et juridique, avec un épisode qui rappelle qu'un dispositif de régulation du marché locatif, même bien intentionné, doit être bâti sur des bases légales solides pour résister à un recours devant le juge. La suite, en 2018, sera d'une tout autre nature : celle d'une réforme fiscale majeure, et d'un mouvement social qui allait, lui, surprendre tout le monde. Voir l'article dédié à cette année charnière pour la suite, l'article dédié à 2016 pour ce qui précède, et l'article de synthèse « De 2015 à 2026 » pour la vue d'ensemble de toute la décennie.

Sources officielles

Questions fréquentes

Pourquoi l'encadrement des loyers a-t-il été annulé à Paris fin 2017 ?

Le tribunal administratif de Paris a jugé, dans une décision du 28 novembre 2017, que ce dispositif issu de la loi ALUR ne pouvait légalement s'appliquer à la seule ville de Paris : la loi prévoyait qu'il couvre l'ensemble de la zone d'urbanisation continue de l'agglomération parisienne, soit 412 communes d'Île-de-France, et non Paris isolément.

Les loyers parisiens sont-ils redevenus totalement libres après cette annulation ?

Oui, temporairement : entre fin 2017 et le retour du dispositif sur une base légale plus solide avec la loi ELAN (à partir de juillet 2019), les loyers parisiens n'étaient plus soumis à un plafond réglementaire spécifique, hors dispositifs de zone tendue de droit commun.

Quel était le taux moyen d'un crédit immobilier en 2017 ?

Autour de 1,5 à 1,65 % en moyenne annuelle selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, dans la continuité de la baisse entamée les deux années précédentes.

L'élection de 2017 a-t-elle eu un effet direct sur le marché locatif dès cette année-là ?

Pas de mesure immédiate spécifique au logement locatif dès 2017 : les grandes réformes fiscales portées par le nouveau gouvernement (IFI, flat tax) n'entreront en vigueur qu'au 1er janvier 2018. L'effet de 2017 est surtout d'ordre général, avec un net regain de confiance économique.

Pourquoi la croissance a-t-elle rebondi aussi nettement en 2017 ?

Plusieurs facteurs se combinent : une conjoncture européenne plus favorable, une reprise de l'investissement des entreprises, et un climat de confiance porté par l'élection présidentielle et les réformes annoncées, sans qu'un facteur unique n'explique à lui seul ce rebond à +2,2 %, le meilleur chiffre depuis 2011.