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Investir dans l'immobilier locatif en 2019 : taux au plancher, bail mobilité, et un pays en grève

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Il y a une forme d'ironie tranquille à 2019 : jamais emprunter n'avait été aussi bon marché, et pourtant le pays, épuisé par une année de gilets jaunes, s'apprête à replonger dans la contestation sociale dès les premiers jours de décembre, cette fois autour des retraites. Entre les deux, la loi ELAN votée fin 2018 commence enfin à produire ses effets concrets sur le terrain, avec deux nouveautés qui vont durablement marquer le paysage locatif français.

Vérifié le 23 août 2026.

Le grand débat, puis un nouveau front social

L'année démarre sous le signe de l'apaisement recherché : le gouvernement d'Édouard Philippe organise, de janvier à mars, un « grand débat national » censé répondre à la crise des gilets jaunes. Le calme revient progressivement au fil des mois, mais c'est pour mieux laisser place, à l'automne, à une nouvelle mobilisation d'ampleur : celle contre le projet de réforme des retraites, qui prévoit un système universel par points. La journée du 5 décembre 2019 rassemble 806 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, une mobilisation qui se prolonge par des grèves reconductibles, notamment dans les transports, jusqu'à la fin de l'année et au-delà.

Sur le plan économique, la croissance ralentit modérément par rapport à 2018 (autour de 1,5 % de PIB selon les premières estimations), avec un net coup de frein au quatrième trimestre : le PIB recule même légèrement (-0,1 %) sur cette période, pénalisé par les grèves qui affectent la production industrielle et la consommation. L'inflation reste modérée (environ 1,1 à 1,4 %) et le chômage poursuit sa décrue, pour s'établir en moyenne autour de 8,8 % sur l'année.

Le crédit immobilier n'a jamais été aussi bon marché

C'est sans doute le fait le plus spectaculaire de l'année pour quiconque envisage un investissement locatif : les taux de crédit atteignent, en octobre 2019, des niveaux jamais observés jusque-là, environ 0,8 % en moyenne sur 15 ans, 0,95 % sur 20 ans et 1,25 % sur 25 ans. Pour mettre ce chiffre en perspective : quatre ans plus tôt, en 2015, un taux sur 20 ans autour de 2,2 % semblait déjà exceptionnellement bas. Ce qui, avec le recul, ressemble à un point bas historique du cycle du crédit ne sera en réalité battu que deux ans plus tard, fin 2021.

Le bail mobilité fait son entrée

Sur le plan réglementaire, la loi ELAN du 23 novembre 2018 commence à déployer ses effets concrets tout au long de 2019. La nouveauté la plus visible pour les bailleurs en meublé est la création du bail mobilité : un contrat de location de 1 à 10 mois, non renouvelable, sans dépôt de garantie, réservé aux personnes en situation de mobilité temporaire, étudiants en stage, salariés en mission, personnes en formation professionnelle. Pour de nombreux propriétaires possédant un studio ou un petit meublé dans une ville universitaire ou dynamique sur le plan économique, ce nouveau format de bail ouvre une option supplémentaire, plus souple qu'un bail meublé classique d'un an, pour sécuriser des locations de courte durée sans tomber dans la location saisonnière.

L'encadrement des loyers de retour à Paris, sur des bases plus solides

Deuxième effet concret de la loi ELAN : le retour de l'encadrement des loyers à Paris à partir du 1er juillet 2019, après son annulation par la justice fin 2017. La différence essentielle avec la version de 2015 : le nouveau cadre légal permet une application ville par ville, sur décision volontaire des collectivités concernées, plutôt que d'imposer une couverture homogène et obligatoire de toute la zone d'urbanisation continue de l'agglomération. Cette souplesse corrige le vice juridique qui avait fait tomber la première version du dispositif, et lui donne une assise nettement plus robuste pour l'avenir.

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Ce que ça changeait, concrètement, pour un bailleur

Pour un investisseur locatif de 2019, l'année combine des conditions de financement idéales avec deux nouveaux outils juridiques directement issus de la loi ELAN : le bail mobilité pour les meublés de courte durée, et l'encadrement des loyers de retour à Paris pour ceux qui possèdent un bien dans la capitale. Le climat social, marqué par les grèves de fin d'année, complique en revanche certaines démarches pratiques (visites, signatures, déménagements) sans pour autant remettre en cause le fond du marché.

Ce qu'on retient de 2019

2019 est une année de contrastes : celle d'un crédit immobilier presque offert, et d'un pays qui, à peine sorti d'une crise sociale, en aborde une autre, plus longue encore, autour des retraites. Pour l'investissement locatif, c'est surtout l'année où la loi ELAN cesse d'être un texte voté sur le papier pour devenir un ensemble d'outils concrets (bail mobilité, encadrement des loyers réformé) que les bailleurs commencent réellement à utiliser. Voir l'article dédié à l'année 2020 pour la suite : celle où plus rien ne s'est déroulé comme prévu, à cause d'un virus dont personne, à la fin de 2019, ne soupçonnait encore l'ampleur. Voir aussi l'article dédié à 2018 pour ce qui précède, et l'article de synthèse « De 2015 à 2026 » pour la vue d'ensemble de toute la décennie.

Sources officielles

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le bail mobilité créé en 2019 ?

Un contrat de location meublée de courte durée (1 à 10 mois, non renouvelable), sans dépôt de garantie, destiné aux personnes en situation de mobilité temporaire (étudiants, stagiaires, missions professionnelles), créé par la loi ELAN du 23 novembre 2018.

L'encadrement des loyers est-il revenu à Paris en 2019 sur les mêmes bases qu'en 2015 ?

Non : la loi ELAN a corrigé le défaut juridique qui avait fait annuler le dispositif fin 2017, en permettant son application ville par ville sur la base du volontariat des collectivités, plutôt que d'imposer une couverture obligatoire de toute la zone d'urbanisation continue. Paris a réintroduit son propre encadrement à partir du 1er juillet 2019 sur cette nouvelle base.

Quel était le taux moyen d'un crédit immobilier en 2019 ?

Il a atteint des planchers historiques en octobre 2019, autour de 0,8 % sur 15 ans, 0,95 % sur 20 ans et 1,25 % sur 25 ans en moyenne selon les données citant l'Observatoire Crédit Logement/CSA, des niveaux qui n'avaient jamais été observés jusque-là.

Pourquoi la croissance a-t-elle ralenti en fin d'année 2019 ?

Le mouvement de grèves lancé le 5 décembre 2019 contre la réforme des retraites a pesé sur l'activité du quatrième trimestre (production industrielle en baisse, consommation des ménages ralentie, investissement des entreprises freiné), un impact supérieur aux premières estimations de la Banque de France.

2019 a-t-elle été une bonne année pour se lancer dans l'investissement locatif ?

Sur le plan du financement, incontestablement : les taux n'ont probablement jamais été aussi bas dans l'histoire récente du crédit immobilier français à cette date, ce qui a permis à de nombreux investisseurs de figer un coût du crédit extrêmement avantageux sur 15, 20 ou 25 ans.