
Un lecteur qui a ouvert son compte-titres il y a huit ans, avec des achats étalés dans le temps sur la même action, me demandait récemment comment son courtier calculait sa plus-value au moment de la vente. Il avait l'impression que le chiffre annoncé ne correspondait à aucun de ses prix d'achat réels. Et c'est normal, puisque ce n'est ni le premier ni le dernier prix payé qui compte, mais une moyenne.
Vérifié le 25 août 2026.
Le principe de base du calcul
La plus-value mobilière se calcule par différence entre le prix de cession (ce que vous touchez à la vente, frais de courtage déduits) et le prix d'acquisition (ce que vous avez payé à l'achat, frais de courtage inclus). Cette différence, une fois positive, constitue la base soumise à imposition (source impots.gouv.fr).
La méthode du prix moyen pondéré (PMP), indispensable dès qu'on a acheté plusieurs fois
Dès que vous avez acquis un même titre à plusieurs reprises et à des prix différents, il n'est pas possible de choisir librement quel « lot » vous revendez pour optimiser votre fiscalité. La règle impose d'utiliser un prix moyen pondéré : on additionne le montant total investi sur toutes les acquisitions du titre, on divise par le nombre total de titres détenus, et ce prix moyen sert de référence pour chaque vente, quelle que soit la date des achats.
Exemple : vous avez acheté 50 actions à 20 € (soit 1 000 €), puis 50 autres à 30 € (soit 1 500 €). Le prix moyen pondéré est de (1 000 + 1 500) / 100 = 25 € par action. Si vous revendez 30 actions à 35 €, la plus-value unitaire est de 35 − 25 = 10 €, soit 300 € de plus-value totale sur cette vente, peu importe que vous ayez « techniquement » acheté ces titres au premier ou au second prix.
Le piège des frais de courtage oubliés
Les frais de courtage à l'achat s'ajoutent au prix d'acquisition, et ceux payés à la vente viennent en déduction du prix de cession. Beaucoup de particuliers qui calculent eux-mêmes leur plus-value (par exemple pour des opérations que leur courtier n'a pas pu traiter automatiquement) oublient ce détail, ce qui gonfle artificiellement la base imposable. Sur un ordre de 5 000 € avec 0,5 % de frais de courtage, c'est 25 € de prix de revient qui disparaissent du calcul si on les néglige, un montant qui grimpe vite sur un portefeuille actif.
[Photo à insérer ici]
Le taux d'imposition : 31,4 % depuis le 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les plus-values mobilières réalisées sur un compte-titres sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (la part sociale est passée de 17,2 % à 18,6 % suite à la hausse de la CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026). Comme pour les dividendes, une option pour le barème progressif reste possible (case 2OP), mais sans l'abattement de 40 % réservé aux dividendes, sur les plus-values, l'option barème n'a d'intérêt que pour les contribuables non imposables ou en tranche basse.
Les moins-values : une compensation qui suit des règles précises
Une moins-value réalisée dans l'année se compense en priorité avec les plus-values de la même année, tous titres confondus sur l'ensemble de vos comptes-titres (hors PEA, qui suit ses propres règles). S'il reste un solde de moins-value après cette compensation, vous pouvez le reporter sur les 10 années suivantes pour l'imputer sur de futures plus-values (source impots.gouv.fr).
Attention à un piège fréquent : ce report n'est possible que si la moins-value a été déclarée l'année où elle a été réalisée, via le formulaire 2074-CMV, même en l'absence de toute plus-value à compenser cette année-là. Une moins-value non déclarée à temps est perdue définitivement, aucun rattrapage n'est admis ensuite.
Exemple complet, sur plusieurs années
| Année | Événement | Report cumulé disponible |
|---|---|---|
| Année 1 | Moins-value de 4 000 €, aucune plus-value à compenser | 4 000 € reportables (si déclarés sur 2074-CMV) |
| Année 2 | Plus-value de 1 500 € | 1 500 € imputés, reste 2 500 € reportables |
| Année 3 | Plus-value de 3 000 € | 2 500 € imputés, 500 € de plus-value nette imposable au PFU |
Sans cette discipline de déclaration annuelle, ces 4 000 € de moins-value initiale n'auraient servi à rien.
Le formulaire 2074, quand est-il vraiment nécessaire
Dans la majorité des cas, votre courtier calcule automatiquement la plus-value ou moins-value de chaque opération et la transmet pré-remplie à l'administration fiscale, sans que vous ayez à remplir de formulaire vous-même. Le formulaire 2074 devient nécessaire dans des cas plus spécifiques : opérations que l'établissement n'a pas pu valoriser correctement (transferts de titres entre courtiers, certaines opérations sur titres complexes), calcul manuel d'un prix moyen pondéré remontant à plusieurs années, ou déclaration d'un report de moins-value via le 2074-CMV.
Pourquoi ce calcul mérite votre attention même avec un portefeuille modeste
Un investisseur qui gère par ailleurs un patrimoine locatif a souvent le réflexe de déléguer entièrement la gestion de son compte-titres à son courtier, sans vérifier le détail du calcul. C'est une erreur qui coûte cher sur la durée : un prix moyen pondéré mal calculé après un transfert de titres, ou une moins-value non déclarée l'année où elle survient, représentent une perte fiscale évitable, contrairement à la plupart des dépenses liées à un bien locatif où l'administration fiscale dispose de moins de marge d'interprétation.
Ce qu'il faut retenir avant de vendre des titres
- Vérifiez que le prix moyen pondéré utilisé par votre courtier intègre bien tous vos achats successifs, notamment après un transfert de compte.
- N'oubliez jamais les frais de courtage, à l'achat comme à la vente, dans le calcul du prix de revient.
- Déclarez systématiquement toute moins-value l'année où elle est réalisée, même minime et même sans plus-value à compenser cette année-là.
- Gardez une trace de vos moins-values reportables d'une année sur l'autre : c'est à vous de suivre ce report, l'administration ne le fait pas automatiquement à votre place.
- Comparez PFU et option barème progressif avant de cocher la case 2OP, en tenant compte de l'ensemble de vos revenus mobiliers de l'année.
Sources officielles
- J'ai réalisé une plus-value mobilière, comment est-elle imposée ? (impots.gouv.fr), consulté le 25 août 2026
- J'ai réalisé une moins-value mobilière, comment est-elle prise en compte ? (impots.gouv.fr), consulté le 25 août 2026
- Formulaire n°2074 (impots.gouv.fr), consulté le 25 août 2026
Questions fréquentes
Comment calcule-t-on le prix d'acquisition quand on a acheté la même action plusieurs fois à des prix différents ?
On utilise la méthode du prix moyen pondéré (PMP) : on additionne le montant total investi sur toutes les acquisitions de ce titre, divisé par le nombre total de titres détenus. Ce prix moyen sert de référence pour calculer la plus-value à chaque vente, quelle que soit la date d'achat du lot vendu : on ne peut pas choisir de « vendre » symboliquement le lot le moins-disant pour minimiser artificiellement la plus-value.
Les frais de courtage entrent-ils dans le calcul ?
Oui, et les oublier est l'erreur la plus fréquente : les frais d'acquisition (courtage à l'achat) s'ajoutent au prix d'achat, et les frais de cession (courtage à la vente) viennent en déduction du prix de vente. Ignorer ces frais gonfle artificiellement la plus-value imposable et vous fait payer plus d'impôt que nécessaire.
Que faire d'une moins-value réalisée dans l'année ?
Elle se compense en priorité avec les plus-values réalisées la même année, tous titres et tous comptes-titres confondus (hors PEA). S'il reste un solde de moins-value après cette compensation, il peut être reporté sur les plus-values des 10 années suivantes, mais uniquement si vous l'avez déclaré chaque année via le formulaire 2074-CMV, même en l'absence de plus-value à compenser cette année-là.
Que se passe-t-il si j'oublie de déclarer une moins-value l'année où je l'ai réalisée ?
Vous perdez définitivement le droit de la reporter sur les années suivantes. C'est une règle stricte : l'administration fiscale n'accepte pas de rattrapage a posteriori pour une moins-value non déclarée dans les temps, d'où l'intérêt de systématiquement remplir le formulaire 2074-CMV dès qu'une moins-value est réalisée, même minime.
Le calcul est-il différent sur un PEA ?
Oui, fondamentalement : à l'intérieur d'un PEA, les arbitrages (ventes puis rachats de titres) ne déclenchent aucune imposition tant qu'aucun retrait n'est effectué du plan. Le calcul de plus-value décrit ici, avec le PFU à 31,4 % ligne par ligne, ne s'applique qu'au compte-titres ordinaire, jamais à l'intérieur d'un PEA.