
Un bailleur me racontait avoir campé sur un loyer 60 € au-dessus du marché « parce que le logement le méritait », et avoir fini par le relouer quatre mois plus tard, au prix qu'on lui avait suggéré dès le départ. Quatre mois de loyer perdu pour gagner, au mieux, 60 € par mois : l'arithmétique ne pardonne pas. Fixer un loyer à la relocation ressemble à un exercice d'équilibriste, et hors des zones où la loi impose un plafond, aucun texte ne dicte le bon chiffre. Un outil public permet au moins de partir d'une base sérieuse.
Vérifié le 22 août 2026.
Une liberté réelle, mais qui se paie cash si on se trompe
En dehors des communes soumises au plafonnement du loyer à la relocation (voir l'article dédié aux zones tendues) et de l'encadrement strict pratiqué dans certaines grandes villes, vous fixez librement le montant du loyer. Mais cette liberté n'est pas sans danger : un loyer surestimé se traduit très concrètement par des semaines, parfois des mois, de vacance locative, une perte souvent bien supérieure à l'écart de prix qui aurait permis une location rapide. C'est exactement ce qui est arrivé au bailleur du début.
La carte des loyers : un repère chiffré, commune par commune
Le ministère chargé du logement publie, avec l'ANIL et les plateformes SeLoger et leboncoin, une carte des loyers gratuite et accessible à tous. Elle donne un loyer d'annonce moyen au mètre carré, charges comprises, par commune et par type de bien :
- Appartements tous types confondus ;
- Appartements 1-2 pièces ;
- Appartements 3 pièces et plus ;
- Maisons.
Les données sont mises à jour chaque année, de quoi suivre l'évolution du marché local plutôt que de se fier à une impression vieille de plusieurs années.
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Un point de départ, pas une vérité absolue
Cette moyenne communale reste utile pour situer un loyer envisagé, mais elle ne remplace pas un vrai travail d'affinage : regarder les annonces réellement publiées au même moment pour des biens comparables (même quartier, même standing, étage similaire, extérieur ou non) donne une image bien plus fine qu'une moyenne à l'échelle de toute une commune, qui peut mélanger un centre-ville recherché et une périphérie beaucoup moins prisée.
Le DPE pèse de plus en plus dans la balance
À localisation et surface comparables, l'écart de loyer accepté entre un logement bien classé au DPE et un logement mal classé s'agrandit. Les candidats locataires calculent de plus en plus le poids futur des charges d'énergie, ce qui peut justifier un loyer légèrement plus bas pour un bien énergivore, surtout dans un contexte où les logements classés G ne peuvent déjà plus être loués (voir l'article dédié au calendrier d'interdiction des passoires thermiques).
La méthode, concrètement
- Consultez la carte des loyers du ministère pour situer une fourchette moyenne sur votre commune et le type de bien concerné.
- Comparez avec 5 à 10 annonces réellement publiées pour des biens similaires dans le même secteur, au moment précis de votre relocation.
- Ajustez à la hausse ou à la baisse selon les atouts ou les faiblesses du logement (étage, luminosité, DPE, extérieur, stationnement).
- En cas de doute, préférez un loyer légèrement en dessous du marché plutôt qu'au-dessus : une location rapide reste presque toujours plus rentable qu'un logement vacant en attendant le candidat idéal.
Sources officielles
- Carte des loyers (Ministère de la Transition écologique) consulté le 22 août 2026
Questions fréquentes
Existe-t-il une règle légale pour fixer le loyer à la relocation hors zone tendue ?
Non, en dehors des communes en zone tendue soumises au plafonnement à la relocation (voir l'article dédié) et des villes appliquant un encadrement strict des loyers, aucun texte ne fixe de plafond ou de méthode obligatoire. Le bailleur fixe librement le loyer, à charge pour lui d'évaluer correctement le marché pour ne pas se pénaliser lui-même.
Qu'est-ce que la carte des loyers du ministère et à quoi sert-elle ?
Un outil public gratuit, construit en partenariat avec l'ANIL et les plateformes d'annonces SeLoger et leboncoin, qui fournit un loyer d'annonce moyen au mètre carré, charges comprises, par commune et par type de bien (appartements 1-2 pièces, 3 pièces et plus, maisons). Il permet de situer un loyer envisagé par rapport à la réalité du marché local, sans valeur réglementaire contraignante.
Pourquoi un loyer fixé trop haut peut-il coûter plus cher qu'un loyer légèrement sous-évalué ?
Un logement affiché au-dessus du marché reste généralement vacant plus longtemps, chaque mois de vacance représentant une perte de loyer intégrale, souvent bien supérieure à l'écart de quelques dizaines d'euros qui aurait permis une location rapide. Un loyer réaliste, aligné sur le marché local, réduit le risque de vacance prolongée.
Le DPE influence-t-il le loyer qu'on peut raisonnablement demander ?
Oui, de plus en plus : à classe et localisation comparables, un logement bien classé (A à D) se loue généralement plus facilement et parfois à un loyer légèrement supérieur qu'un logement mal classé, les candidats locataires étant de plus en plus attentifs à l'impact du DPE sur leurs futures charges d'énergie.
Faut-il se fier uniquement aux données de la carte des loyers ?
Non, cet outil donne une moyenne communale utile comme point de départ, mais ne remplace pas une observation directe des annonces comparables réellement publiées au moment de la relocation (même quartier, même standing, même étage), qui reste la méthode la plus fiable pour affiner le chiffre final.