
La cheminée d'un logement loué, ça se voit, ça se sent, et on l'oublie facilement jusqu'au jour où l'assurance refuse d'indemniser un sinistre parce que le conduit n'avait pas été ramoné depuis trois ans. Entre bailleur et locataire, la question de savoir qui doit s'en occuper (et qui paie) revient sans cesse. La réponse tient en une poignée de règles simples, à condition de les connaître avant le sinistre plutôt qu'après.
Vérifié le 23 août 2026.
La fréquence : une fois par an, parfois deux
Le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023, entré en vigueur le 1er octobre 2023, harmonise la fréquence minimale de ramonage sur tout le territoire :
- pour un appareil individuel : le ramonage des conduits de fumée et des tuyaux de raccordement doit être effectué au moins tous les douze mois ;
- pour un appareil collectif : le ramonage doit être effectué au moins tous les six mois, dont une fois pendant la période de chauffe, sauf pour les installations fonctionnant exclusivement au gaz et n'ayant jamais utilisé de combustible solide ou liquide, qui peuvent se contenter d'un ramonage annuel.
Certains règlements sanitaires départementaux ou arrêtés municipaux peuvent imposer une fréquence supérieure à ce socle national : mieux vaut vérifier localement avant de se contenter du minimum légal.
Qui doit s'en charger : le locataire, sauf logement vacant
Le ramonage des conduits de fumée et de ventilation figure explicitement, dans l'annexe du décret n° 87-712 du 26 août 1987, parmi les réparations locatives à la charge du locataire, la même catégorie de charges d'entretien courant que l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 met à sa charge de façon générale. Concrètement, tant que le logement est occupé, c'est au locataire d'organiser et de payer lui-même le ramonage, pas au bailleur de l'avancer puis de le refacturer.
La situation s'inverse lorsque le logement est vacant au moment où l'échéance annuelle tombe : sans locataire pour s'en charger, c'est au propriétaire d'assurer le ramonage, ne serait-ce que pour ne pas transmettre un conduit non entretenu au prochain occupant.
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Le certificat : un professionnel qualifié, quinze jours pour le délivrer
Depuis le décret de 2023, tout ramonage doit être réalisé par « une personne qualifiée professionnellement conformément aux dispositions de l'article L. 121-1 du code de l'artisanat », fini le ramonage improvisé sans réelle qualification. Chaque opération donne lieu à la remise d'une attestation, dans un délai de quinze jours ouvrés suivant l'achèvement de l'intervention.
Ce certificat n'est pas qu'une formalité administrative : c'est la pièce que le locataire ou le propriétaire devra présenter à son assureur en cas de sinistre lié au conduit de fumée, pour prouver que l'entretien a bien été réalisé dans les règles.
Ce qu'on risque vraiment en cas de défaut de ramonage
Il n'existe pas de texte réglementaire national unique fixant un montant d'amende uniforme pour toute la France en cas de défaut de ramonage : certains règlements sanitaires départementaux ou arrêtés municipaux prévoient des sanctions locales, parfois évoquées jusqu'à 450 € selon les professionnels du secteur. Mais le vrai risque n'est pas là : un conduit mal entretenu multiplie le danger d'incendie et d'intoxication au monoxyde de carbone, deux risques qui touchent directement la sécurité des occupants.
Sur le plan financier, le risque le plus concret reste celui de l'assurance : en cas de sinistre (incendie, intoxication) lié à un défaut d'entretien du conduit, l'assureur peut invoquer l'absence de certificat de ramonage pour refuser ou réduire son indemnisation. Ce risque-là dépasse largement le coût d'une intervention annuelle, qui reste modeste en comparaison.
Peut-on inclure le ramonage dans les charges récupérables ?
Certains bailleurs pensent pouvoir avancer le coût du ramonage puis le récupérer via les charges locatives, comme pour l'entretien annuel de la chaudière (voir l'article dédié à ce sujet). Ce n'est pas la logique retenue pour une réparation locative classique : le locataire est censé organiser et régler directement la prestation lui-même, plutôt que de la voir apparaître comme une ligne dans une régularisation annuelle de charges. Un bailleur qui organiserait lui-même le ramonage à la place de son locataire, sans accord préalable clair, prend le risque de complications lors de la répartition des frais.
Une obligation à ne pas confondre avec l'entretien annuel de la chaudière
Le ramonage du conduit de fumée et l'entretien annuel de la chaudière sont deux obligations distinctes, parfois réalisées par le même professionnel lors d'une intervention combinée, mais qui répondent à des logiques différentes : l'un concerne l'évacuation des fumées, l'autre le bon fonctionnement et le rendement de l'appareil de chauffage lui-même. Un locataire ou un bailleur peut très bien être en règle sur l'un et pas sur l'autre, d'où l'intérêt de vérifier les deux séparément plutôt que de supposer qu'un contrat d'entretien couvre automatiquement le ramonage.
Checklist pour rester en conformité
- Vérifie le type d'installation (individuelle ou collective, combustible utilisé) pour connaître la fréquence exacte qui s'applique à ton logement.
- Si tu es locataire d'un logement chauffé au bois, au fioul ou avec une cheminée, planifie le ramonage toi-même : c'est une réparation locative à ta charge.
- Si tu es bailleur et que le logement est vacant à l'échéance annuelle, fais réaliser le ramonage avant l'arrivée du prochain locataire.
- Choisis toujours un professionnel qualifié conformément à l'article L. 121-1 du code de l'artisanat, et conserve le certificat remis dans les quinze jours ouvrés suivant l'intervention.
- Garde ce certificat à portée de main : c'est la pièce que ton assureur réclamera en priorité en cas de sinistre lié au conduit de fumée.
Sources officielles
- Décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 relatif à l'entretien des foyers et appareils de chauffage, de cuisine et de production d'eau chaude à combustion et au ramonage des conduits de fumée (Légifrance) consulté le 23 août 2026
- Article Annexe (Décret n° 87-712 du 26 août 1987 relatif aux réparations locatives) Légifrance, consulté le 23 août 2026
- Article 7 (Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs) Légifrance, consulté le 23 août 2026
Questions fréquentes
Le locataire ou le propriétaire doit-il faire ramoner la cheminée ou le conduit de chaudière ?
Si le logement est occupé, c'est au locataire d'organiser et de payer le ramonage, puisqu'il figure dans la liste des réparations locatives à sa charge. Si le logement est vacant au moment de l'échéance annuelle, c'est au propriétaire d'assumer cette obligation, puisqu'il n'y a alors aucun locataire pour s'en charger.
Combien de fois par an faut-il ramoner un conduit ?
Au moins une fois tous les douze mois pour un appareil individuel. Deux fois par an sont nécessaires pour un appareil collectif, dont une intervention pendant la période de chauffe, sauf exception pour les installations exclusivement au gaz n'ayant jamais fonctionné avec un combustible solide ou liquide.
N'importe quel professionnel peut-il délivrer un certificat de ramonage valable ?
Non, depuis le décret de 2023, seule une personne qualifiée professionnellement, au sens de l'article L. 121-1 du code de l'artisanat, peut délivrer un certificat valable. Le certificat doit en outre être remis dans un délai de quinze jours ouvrés suivant la fin de l'opération.
Que risque-t-on en cas de défaut de ramonage ?
Au-delà d'un risque d'incendie ou d'intoxication au monoxyde de carbone bien réel, certains règlements sanitaires départementaux ou communaux prévoient une amende, parfois évoquée jusqu'à 450 € selon les sources professionnelles consultées. Un défaut de ramonage peut surtout entraîner le refus de prise en charge par l'assurance habitation en cas de sinistre lié au conduit non entretenu, ce qui représente souvent un risque financier bien plus lourd qu'une simple amende.
Un bailleur peut-il facturer directement le coût du ramonage à son locataire dans les charges ?
Le ramonage étant une réparation locative, c'est en principe au locataire d'organiser et de régler directement la prestation lui-même, plutôt qu'au bailleur de l'avancer et de le refacturer via les charges récupérables. Un bailleur qui ferait réaliser le ramonage à la place de son locataire sans accord préalable prend le risque de ne pas pouvoir en récupérer le coût aussi simplement qu'il le pense.