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Sous-location : dans quels cas le locataire peut-il légalement sous-louer

Légal

« Je pars six mois à l'étranger, autant sous-louer pour ne pas payer un loyer vide », c'est une idée qui revient souvent, et sur le papier elle se défend. Le problème, c'est que la loi encadre cette pratique bien plus strictement qu'on ne l'imagine, et que la note peut être salée pour la personne la moins informée du trio : le sous-locataire.

Vérifié le 22 août 2026.

Sans accord écrit du bailleur, ça ne tient pas

L'article 8 de la loi du 6 juillet 1989 est clair : impossible de sous-louer, même une seule chambre, sans l'accord écrit du bailleur, un accord qui doit porter à la fois sur le principe de la sous-location et sur le montant du loyer demandé. Un simple coup de fil où le bailleur ne dit pas non ne suffit pas. Il faut du noir sur blanc, sinon la sous-location reste juridiquement bancale.

Pas question de faire une marge dessus

Autre point que beaucoup ignorent : le loyer sous-loué, ramené au m², ne peut pas dépasser celui payé par le locataire principal. Autrement dit, impossible de transformer sa sous-location en petit business, ce n'est pas conçu comme une source de revenu, mais comme un partage de charge encadré, et rien de plus.

Deux documents à ne surtout pas oublier

Avant que quiconque emménage, le locataire principal doit remettre au sous-locataire l'accord écrit du bailleur (avec le montant du loyer validé) et une copie du bail en cours. D'ailleurs, si vous êtes vous-même candidat à une sous-location, réclamez ces deux papiers avant de signer quoi que ce soit, leur absence devrait immédiatement vous mettre la puce à l'oreille.

[Photo à insérer ici]

Le vrai risque : ce qui arrive sans accord

Une lectrice me racontait le cas d'une amie sous-locataire depuis un an, sans jamais avoir vu le moindre accord écrit, jusqu'au jour où le bail principal a pris fin. Résultat : aucun droit à faire valoir contre le bailleur, aucune protection d'occupation, et une obligation de partir sans les délais ni la procédure dont bénéficie normalement un locataire en titre. C'est brutal, et c'est exactement ce que la loi prévoit pour une sous-location non autorisée. Le locataire principal, lui, ne s'en tire pas indemne non plus : il a manqué à ses obligations envers son propre bailleur, ce qui peut justifier la résiliation de son bail selon les clauses prévues au contrat.

Un régime à part, qu'on confond souvent avec le bail classique

Détail qui surprend presque tout le monde : les protections habituelles de la loi de 1989 (durée légale, préavis, encadrement du dépôt de garantie) ne s'appliquent pas au contrat de sous-location. C'est un régime distinct. Ce qui veut dire qu'il faut être particulièrement précis dans le contrat de sous-location lui-même sur sa durée et ses conditions de fin, faute de quoi personne n'a de filet de sécurité.

En résumé, avant de sous-louer ou d'accepter une sous-location

Obtenez l'accord écrit du bailleur sur le principe et le montant, vérifiez que le loyer au m² ne dépasse pas le vôtre, transmettez les documents avant toute signature, et rédigez un contrat de sous-location précis sur sa durée. Et si c'est vous qui vous apprêtez à devenir sous-locataire : posez la question de l'accord écrit avant de poser vos valises, pas après.

Sources officielles

Questions fréquentes

Un locataire peut-il sous-louer sans en informer le bailleur ?

Non, l'accord écrit du bailleur est une condition légale de toute sous-location, portant à la fois sur le principe de la sous-location et sur le montant du loyer sous-loué. Une sous-location réalisée sans cet accord est irrégulière, même si le locataire principal continue de payer son propre loyer sans incident.

Le locataire peut-il sous-louer plus cher qu'il ne paie lui-même ?

Non, le loyer au m² du logement sous-loué ne peut pas excéder celui payé par le locataire principal. Un locataire ne peut donc pas réaliser de marge sur la sous-location en demandant un loyer supérieur au sien, ramené à la surface louée.

Que risque un sous-locataire si le bail principal prend fin ?

S'il occupait le logement sans l'accord du bailleur, le sous-locataire n'a aucun droit à faire valoir contre le bailleur et ne bénéficie d'aucune protection d'occupation : il doit quitter les lieux, sans les protections habituelles dont bénéficie un locataire principal (délais, procédure judiciaire).

Le locataire doit-il remettre des documents au sous-locataire ?

Oui, la loi impose au locataire principal de transmettre au sous-locataire l'accord écrit du bailleur ainsi qu'une copie du bail principal en cours, des documents que tout sous-locataire sérieux devrait d'ailleurs exiger avant de s'engager.

Les règles de protection du locataire principal s'appliquent-elles aussi au sous-locataire ?

Non, la loi précise que ses autres dispositions (durée légale, préavis, dépôt de garantie encadré...) ne s'appliquent pas au contrat de sous-location, qui suit un régime juridique distinct de celui du bail principal, une différence importante à connaître avant de sous-louer ou de devenir sous-locataire.